Ethiopie: nouvelle invasion de criquets pèlerins, une menace pour l’Afrique de l’Est

AgricultureEnvironnement

Written by:

1 208 Views

Depuis leur première apparition fin décembre 2019 en Somalie, les criquets pèlerins ont envahi plusieurs pays de la région provoquant d’immenses dégâts dans les terres agricoles. La situation pourrait encore s’aggraver dans les semaines à venir avec de nouveaux essaims qui devraient se déplacer du Kenya vers le Soudan du Sud et l’Ouganda.

Les pluies abondantes du mois de mars risquent d’entraîner une prolifération de criquets pèlerins en Afrique de l’Est, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Les conditions climatiques sont malheureusement idéales pour la multiplication des insectes ravageurs.

Lire aussi RDC : présences des criquets en Ituri, l’ONU juge la situation préoccupante

Les criquets pèlerins ne vivent que trois mois, mais ils se reproduisent assez rapidement. Arrivés en masse dans la région fin 2019, ils ont eu le temps de pondre des œufs et la nouvelle génération pourrait être plus grande et plus nocive que la précédente.

Les ravages en Ethiopie

Les criquets pèlerins ont ravagé près de 200.000 hectares de terres agricoles en Ethiopie. Un million de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Ces chiffres résultent d’une étude conjointe entre l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le gouvernement éthiopien. Ils sont publiés au moment où l’Afrique de l’Est se prépare à l’arrivée de nouveaux essaims qui pourraient s’avérer encore plus destructeurs.

Apparus avec les pluies abondantes des derniers mois, des milliards de criquets pèlerins se sont abattus sur la région, causant d’immenses dégâts en Ethiopie, en Somalie, au Kenya, à Djibouti, en Erythrée, en Tanzanie, au Soudan, au Soudan du Sud et en Ouganda.

Lire aussi Somalie : l’invasion des criquets déclarée « urgence nationale »

En Ethiopie, ces insectes ont dévasté les plantations de sorgho, maïs et blé, et limité l’étendue disponible de pâturages, a indiqué ce lundi la FAO. Quelque 75 % des Éthiopiens ayant besoin d’une aide alimentaire d’urgence vivent dans les régions Somali (est) et Oromia (centre et sud).

Une priorité nationale

Malgré les contraintes liées au coronavirus, la FAO continue de travailler avec les gouvernements, les agriculteurs et les producteurs sur place en vue de contenir la nouvelle invasion des criquets pèlerins.

L’agence onusienne assure que les personnes impliquées dans la lutte contre la recrudescence des insectes poursuivent leur action considérée comme “priorité nationale”. Des opérations aériennes et terrestres de pulvérisation sont menées dans dix pays affectés, mais il y a un retard dans la fourniture de pesticides en raison de la diminution des frets aériens.

Lire aussi L’ONU a besoin de 138 millions USD pour faire face aux criquets pèlerins qui envahissent l’Afrique de l’Est

La FAO préconise le renforcement de la lutte pour éviter la prolifération de ces acridiens dont le nombre pourrait être multiplié par vingt pendant la saison des pluies à venir.

Une situation aggravée par le coronavirus

Selon France Info, les efforts pour endiguer la catastrophe, notamment avec l’envoi de denrées alimentaires ou d’argent liquide aux agriculteurs et éleveurs, risquent en outre d’être compliqués par la pandémie de coronavirus, selon la représentante de la FAO en Ethiopie, Fatouma Seid.

« Alors que nous nous efforçons de contrôler les criquets pèlerins, il est capital de protéger les moyens de subsistance des populations affectées, d’autant plus maintenant que la situation est aggravée par la crise du Covid-19.» a-t-elle déclaré.

L’Éthiopie n’a officiellement enregistré que 74 cas mais le pays a procédé à très peu de tests. Les experts craignent que son système de santé soit rapidement submergé en cas d’afflux de malades.

Museza Cikuru

Partager cet article
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Print this page
Print

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *