RDC : 1996-2020 Laurent-Désiré Kabila, une histoire des «Kadogo» oubliée

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«Tumeni watoto Jeshini » ou envoyez les enfants dans l’armée en français. Voilà la phrase de Laurent Désiré Kabila demandant aux parents d’envoyer leurs enfants dans l’armée et qui est restée populaire dans la mémoire des citoyens congolais.

Cette phrase prononcée pour la première fois par le responsable de l’Alliance des Forces Démocratique pour la Libération du Congo (AFDL) après la chute de la ville de Bukavu en octobre 1996 a été l’élément déclencheur de l’enrôlement des plusieurs jeunes dans la rébellion.

Le recrutement des jeunes continuera ville par ville, province par province à mesure que progresser le mouvement. Avec le nom de « Kadogo », ces jeunes soldats vont, avec l’aide des militaires rwandais, burundais et ougandais, faire entrer Laurent-Désiré Kabila dans la capitale Kinshasa le 17 mai 1997 après la fuite de Mobutu.

Une fois à Kinshasa, ces enfants soldats vont connaître un calvaire avec le début de la deuxième guerre du Congo qui est celle du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) le 2 août 1998 avec l’installation de la suspicion de tout genre.

Leur situation sera plus fragilisée le 16 janvier 2001 avec l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila par un Kadogo de sa garde rapprochée et l’opinion nationale ne gardera que cette image de ces jeunes soldats.

Une histoire jetée aux oubliettes

Avec la mort de Kabila, plusieurs de ces jeunes soldats seront démobilisés et envoyés dans la vie civile sans aucun accompagnement et personne ne parlera plus de la situation de ces jeunes soldats. C’est la fin d’une histoire !

En 2015 alors député national, Zoé Kabila, l’un des fils du président défunt et frère de l’ex président Joseph Kabila, aujourd’hui Gouverneur de la province du Tanganyika va écrire sur son compte twitter : « Kadogo vivants ou morts, qui ont fait le choix de laisser leurs stylos pour des armes ».

Alors qu’il pensait rendre hommage à ces jeunes soldats, il sera obligé de supprimer son tweet suite au tollé que celui-ci avait soulevé sur ce réseau social.

Même si enrôler les enfants dans une armée ou une milice est un crime de guerre, l’histoire retiendra que ces jeunes soldats ont permis de mettre fin à la dictature de Mobutu qui avait duré plus de 32 ans !

Thomas Uzima

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