RDC/Interdiction des sachets plastiques: La décision agonisante, sera-t-elle sauvée ?

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«On ne sait jamais» tels sont les mots par lesquels les habitants de Bukavu désignent un sachet qu’il soit en plastique ou en toile. Ceci pour expliquer que dans la situation de précarité actuelle, tout le monde est à mesure d’approvisionner son ménage et l’unique manière d’y parvenir est de disposer d’un moyen de conditionnement pour approvisionner la maison en vivres ou en non vivres.

Une raison qui a créé une propension à l’usage des sachets. Dans le bon vieux temps, même les objets classiques étaient portés par les élèves concomitamment dans les sacs aussi bien en plastique qu’en toiles. L’esprit capitaliste et mercantiliste auquel on ne peut exiger une quelconque doctrine morale a considéré que les plastiques étaient facilement manipulables et rentables. Et donc ils constituaient un élément du marché très sûr et certain qui renflouerait facilement les trésors des vendeurs et par ricochet des producteurs.

Cette ruée vers le gain a carrément ignoré les conséquences à long comme à moyen et à court terme qu’elle engendrerait quant à la vie. Ayant examiné cet angle voici qu’une interdiction de production et commercialisation des sacs en plastique en RD-Congo tombe comme pour résoudre les différents problèmes.

Les sachets en plastique constituent un casse-tête pour les écologistes et les environnementalistes. Mais, il n’y a pas que les sachets en plastiques qui causent des dommages inhérents à la biodiversité. Toute cette panoplie des contenants des médicaments, des huiles, des pommades, des boissons sucrées et ou alcooliques (flacons, bouteilles et bidons) dont certains ne sont que d’usage unique, il y a lieu de comprendre que toutes ces matières finissent soit dans les cours d’eau, dans les terres.

Le 30 décembre 2017, le premier ministre avait pris une mesure dans les propos ci-après : «A partir du 30 juin, tout celui qui mettra encore en vente des sacs plastiques ou celui qui va en importer ou en produire, est passible des sanctions. C’est-à-dire que ce décret donne un délai de six mois à dater de sa signature»,

Une mesure itérativement prise dont la population attend cette fois-ci une application sans souffrance.

Un journaliste rôdé : vous pensez que les sachets finiront ? Combien de fois, la décision a été prise et non respectée. A Bukavu, le maire de la ville, le défunt Prosper MUSHOBEKWA avait même ajouté une précaution incitative : A celui qui amènerait 10 kg de sachets usagés, la mairie lui remettrait un dollar américain. Les sachets au lieu de diminuer augmentaient car tous ceux qui les ramassaient souhaitaient en avoir davantage pour les échanger contre le billet vert. L’objectif poursuivi était de les éliminer de la voie publique ou des poubelles où ils étaient déposés.

Sont-ils cette fois-ci déterminés à appliquer cette décision qui souvent prise souffrait d’inapplication ? Arrivera-t-on à sanctionner les coupables ? s’interroge un évangéliste de la 8ème CEPAC de Bukavu.

Pour qu’une telle décision ne souffre pas, il faudrait que la mesure ne soit pas l’objet d’intérêts égoïstes pour les décideurs ou pour les chargés de la mise en application. Car sur terrain, les mêmes commerçants (fournisseurs de ces sachets) dont les stocks sont d’un niveau très élevéset qui ne sauraient les écouler avant le délai se mettront à monnayer les agents qui devront suivre sur terrain l’application de la loi.

Les visées de cette ordonnance présentent plusieurs avantages dont l’élimination de la propagation dans le milieu naturel des déchets plastiques générés par l’utilisation non rationnelle des emballages et sachets plastiques non biodégradables ; la protection de la santé et l’hygiène publiques ; la préservation de la qualité des sols, des eaux et de l’air ; l’assainissement du cadre de vie des populations et la promotion de l’utilisation des emballages et sachets plastiques biodégradables.

Nous pensons élargir notre réflexion en balisant davantage le spectre d’utilisation des contenants en produits plastiques en dehors des sachets.

Daniel Sezibera

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