Uvira : 1746 bovins emportés par des bandits en 2018 ( rapport ASPADA)

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Plus de 84 cas de vols des bétails faisant 1746 bovins emportés parmi lesquels 697 seuls récupérés, 1049 non retrouvés, 3 cas de meurtres et de kidnapping, divers actes de dégradation de droits de l’homme et des animaux dont toutes les pertes sont évaluées à plus de  485 450$ USD.

C’est le bilan condensé du rapport annuel de monitoring réalisé par l’organisation Actions Sociales pour la Promotion Agricole et Défense de Droits des Animaux « ASPADA» au cours de cette année 2018 dans les différents sites d’élevage du Territoire d’Uvira.

Dans ce rapport, l’ASPADA dit avoir enregistré 84 cas de vols faisant 1746 bovins pour 92 éleveurs identifiés comme ressources. Seuls 697 bovins ont été récupérés par le concours des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, de la Police Nationale Congolaise et par payement de rançon et 1049 n’ont pas été retrouvés malgré les efforts engagés par différents acteurs locaux, renseigne l’organisation.

Quant aux entités victimes, la Chefferie Plaine de la Ruzizi avance avec 972 têtes volées, la Chefferie des Bafuliiru avance avec 497 têtes, la cité de Kiliba avec 178, la cité de Sange avec 95 et enfin la chefferie des Bavira avec 4 têtes et cela uniquement pour le groupement de Katala.

« Cet effectif ne couvre pas les autres groupements des Bavira, qui ont été aussi le théâtre des conflits et dont les conditions sécuritaires n’ont pas permis à nos animateurs d’accéder aux informations y relatives, ce qui doublerait, voire même triplerait  ces données »renseigne ce rapport d’ASPADA qui souligne que toutes les communautés ont été touchées par ce vol, à des proportions différentes.

Conséquences chez les bétails, dans la communauté et sur la cohabitation pacifique

L’ONG ne s’arrête pas à donner des chiffres mais étale aussi des conséquences dans la communauté.

Ce vol a occasionné plusieurs conséquences parmi les éleveurs et communautés locales, note l’ONG. Elle appelle les autorités à considérer que ce vol « impacte bien à la cohabitation pacifique et  ses retombées négatives régresse la cohésion sociale ».

«Plus de 23 éleveurs ont fui leurs sites avec plus de 2023 têtes vers d’autres sites plus ou moins sécurisés, ce qui a généré des conflits dans les sites d’accueil tels que l’inacceptation entre éleveurs eux-mêmes, les conflits entre avec agriculteurs de divagation,  destruction méchante des cultures ainsi que  des attaques aux éleveurs en refuge avec destruction aux feux de leurs matériels et installations dont les plus récents à ONDS » renseigne l’organisation.

En plus des conflits, 3 cas de meurtres dont 2 éleveurs et un gardien, 3 cas de kidnapping d’éleveurs libérés enfin par paiement de la rançon ont été rapportés en 2018, selon ce même rapport consulté par Laprunellerdc.info.

« En plus d’enregistrement de plusieurs actes de violation de droits des animaux dans les sites victimes de vol, plusieurs veaux ont succombé par inanition après vols de leurs mères, des animaux fusillés et d’autres éleveurs qui ont vu leurs animaux rescapés furent obligés de fuir ou abandonner leurs sites ou vendre leur cheptel » regrette l’organisation.

Plaidoyer pour le renforcement de la sécurité des sites

Malgré le concours des forces de l’ordre,  la localisation dispersée des sites d’élevage n’a pas permis à ces derniers à couvrir  tous les sites, mais aussi à l’intervention tardive, remarque ASPADA. Elle appelle les éleveurs à ne plus donner la rançon.

« Etant donné que les auteurs sont en majorité des groupes armés tant locaux qu’étrangers, l’ASPADA  appelle les éleveurs à l’unité, à s’abstenir des rançons et  à dénoncer  les auteurs et la destination des animaux volés aux forces de sécurité….plaide pour leur implication dans la sécurisation des sites,  le zonage des espaces d’élevage en vue d’un élevage en stabulation pour non seulement réduire le nombre d’unités des forces de sécurité, mais aussi permettre de rentabiliser l’élevage local et lutter contre les actes de violation de droits humains et animaux faisant ainsi confiance aux éleveurs locaux » conclut le rapport.

Le vol des vaches est devenue presqu’une coutume dans cette Sud de la province du Sud-Kivu.

20 Vaches  ont été remises le lundi 10 septembre 2018 par le Commandant de Secteur de l’Opération Sukola II, le Général David Rugayi à Monsieur Kenge Sange, un éleveur de Rugeje dans le groupement de Kigoma de la Chefferie des Bafuliru, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu  au bureau du Commissariat de la Police à Sange.

Ces vaches ont été volées par des hommes armés non identifiés mercredi 05 septembre 2018 et grâce à l’alerte précoce de la population, les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) les ont poursuivies et les ont récupérées le lendemain, indique  l’organisation ASPADA RDC qui défend les droits des animaux en RDC.

Il s’agissait d’une deuxième remise en l’espace de moins de deux semaines que venait de réaliser ce commandant de secteur Sukola II après celle de 48 vaches volées, récupérées et remises à Nyamutiri dans le groupement de Kakamba auprès du propriétaire.

Honneur-David Safari

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2 Replies to “Uvira : 1746 bovins emportés par des bandits en 2018 ( rapport ASPADA)”

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